Vous êtes ici : Accueil / Me connaĂ®tre / Le rĂ´le du dĂ©putĂ©
Le jeudi 11 mars 2010  
Isabelle Vasseur

Le rôle du député

I- À l’Assemblée Nationale

C’est le Palais Bourbon qui abrite l’AssemblĂ©e Nationale. Son nom vient de son premier occupant en 1728 : Louise Françoise de Bourbon, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan. Les 12 colonnes qui donnent au bâtiment des airs de temple grec datent de l’époque de NapolĂ©on 1er. Le Palais Bourbon accueille les diffĂ©rentes chambres des dĂ©putĂ©s sous la Restauration et le Second Empire, et devient le siège de l’AssemblĂ©e Nationale en 1879.

Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement. Celui-ci se compose d’une Chambre basse, l’Assemblée Nationale et d’une Chambre haute, le Sénat. Ces deux chambres ne disposent pas des mêmes prérogatives et ne sont pas sur un pied d'égalité.

L’Assemblée Nationale se compose de 577 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct par circonscription. Parce que son mode d'élection est plus démocratique, l'Assemblée Nationale dispose de pouvoirs plus étendus que le Sénat.

L’Assemblée Nationale élit son président pour 5 ans.

  • Le statut du dĂ©putĂ©

1) Mode d'élection du député

Depuis 1871, pour les élections législatives, la France a connu des dizaines de modes de scrutin différents. Aujourd’hui, les députés sont élus au scrutin majoritaire uninominal à deux tours.

Sont électeurs les français des deux sexes âgés d'au moins dix-huit ans, jouissant de leurs droits civils et politiques et n'étant pas dans un cas d'incapacité prévu par la loi.

  • Les Ă©lecteurs votent pour des personnes. Les sièges sont attribuĂ©s aux candidats qui obtiennent la majoritĂ© des voix.

  • Il peut y avoir plusieurs tours. Est Ă©lu au premier tour celui qui obtient la majoritĂ© absolue, c’est-Ă -dire au moins la moitiĂ© des voix plus une.

  • S’il n’a pas d’élus au premier tour, il y a ballotage et un second tour est organisĂ©.

  • Au second tour la majoritĂ© relative suffit : celui qui obtient le plus de voix est Ă©lu mĂŞme s’il n’atteint pas 50%.


2) Non cumul des mandats

Certaines fonctions sont incompatibles avec la fonction de député.

Fonctions publiques

  • La fonction de dĂ©putĂ© est incompatible avec les fonctions de ministre, sĂ©nateur, membre du Conseil constitutionnel, membre du Conseil Ă©conomique et social, dĂ©putĂ© europĂ©en

  • Il est interdit d’être dĂ©putĂ© et d’avoir plus d’un mandat de conseiller rĂ©gional, gĂ©nĂ©ral ou municipal d’une commune de 3500 habitants ou plus.

  • La fonction de dĂ©putĂ© est Ă©galement incompatible avec les mĂ©tiers de la fonction publique française, europĂ©enne ou internationale.

 

Fonctions privées

  • Il est interdit d’être dĂ©putĂ© et d’avoir un poste Ă  responsabilitĂ© au sein d’une entreprise ayant des liens financiers avec des personnes publiques ou ayant des activitĂ©s immobilières.


3) Immunité

Pour éviter d’éventuelles pressions de l’exécutif, le député ne peut pas être poursuivi civilement ou pénalement pour ses votes ou pour les opinions qu’il a émises dans l’exercice de son mandat. Il ne peut pas non plus être arrêté sans l’autorisation du bureau de l’Assemblée Nationale, sauf s’il y a crime, flagrant délit ou condamnation définitive.

L’Assemblée Nationale peut suspendre toute mesure privative de liberté et toute poursuite frappant un député pour la durée de la session parlementaire.


4) Le suppléant

Afin de limiter les cas d'élections partielles, le régime électoral fondé sur la constitution de 1958 prévoit, en même temps que l'élection du député, celle de son suppléant, appelé à le remplacer en cas de vacance du siège en cours de mandat.

Ces cas sont énumérés par l'article LO 176-1 du Code Électoral: décès, nomination au Gouvernement, nomination au Conseil Constitutionnel, prolongation au-delà de six mois de la mission temporaire confiée par le Gouvernement.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, le député élu, devenu ministre, peut reprendre son siège à l’Assemblée Nationale quand sa fonction ministérielle prend fin.

**********************

  • Le pouvoir lĂ©gislatif


Afin de respecter le principe de séparation des pouvoirs, aucun Président de la République française n’est entré dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale depuis 1975. La Constitution de 1958 prévoyait expressément qu’il était interdit au Président de s’adresser directement aux députés. Il ne pouvait alors que leur adresser des messages qu’il faisait lire par un ministre sans qu’il puisse donner suite à un débat.

Grâce à la réforme constitutionnelle de 2008, le Président de la République peut convoquer le Parlement réuni en Congrès pour prononcer un discours sans débat devant l’ensemble des parlementaires. Lors du Congrès de Versailles du 22 juin 2009, le Président de la République a pu s'adresser, pour la première fois depuis la IIIème République, directement aux députés et sénateurs.
 http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=2723&lang=fr


1) Pouvoir Normatif

Le Parlement participe à l’élaboration de la loi en collaboration avec le Gouvernement. L’Assemblée Nationale et le Sénat votent toutes les lois à l’exception de celles qui sont adoptées par référendum. Dans un souci de rapidité, les députés et les sénateurs peuvent également autoriser le Gouvernement à prendre, par ordonnance, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

  • Les dĂ©putĂ©s peuvent proposer un texte de loi (on parle alors de proposition de loi, les projets de loi Ă©tant dĂ©posĂ©s par le Gouvernement). En rĂ©alitĂ©, la majoritĂ© des lois promulguĂ©es sont, Ă  l’origine, des projets de loi.

  • Les dĂ©putĂ©s peuvent procĂ©der Ă  des modifications des propositions ou des projets de loi par le biais d’amendements. Cependant, les lois portant sur la ratification d’un traitĂ© international ne peuvent ĂŞtre modifiĂ©es.

  • L’AssemblĂ©e Nationale et le SĂ©nat doivent en principe voter les projets ou propositions de loi dans les mĂŞmes termes. Cependant, le Gouvernement peut dĂ©cider de permettre Ă  l’AssemblĂ©e Nationale d’imposer sa version d’une loi, Ă  l’exception des lois organiques relatives au SĂ©nat (celles qui organisent son fonctionnement) et des lois portant sur la rĂ©vision de la constitution.

  • Les deux Chambres, rĂ©unies en Congrès Ă  Versailles, votent les rĂ©visions de la Constitution. C’est le PrĂ©sident de l’AssemblĂ©e Nationale qui prĂ©side alors le Congrès.

2) Pouvoir de contrĂ´le

Le contrĂ´le de l'action du Gouvernement

  • Les dĂ©putĂ©s disposent du droit de poser des questions Ă©crites ou orales au Gouvernement.

  • Les commissions parlementaires contrĂ´lent en permanence l’activitĂ© du Gouvernement et de l’administration et disposent pour cela d’importants moyens d’investigation : les auditions, le contrĂ´le sur pièce et sur place par des rapporteurs spĂ©ciaux, la sollicitation du concours de la Cour des Comptes dont l’une des fonctions est d’assister le Parlement dans son contrĂ´le de l’exĂ©cution des lois de finances. La rĂ©forme constitutionnelle du 21 juillet 2008 a augmentĂ© le nombre de commissions permanentes, elles sont depuis juin 2009 au nombre de 8:

  • la commission des lois,

  • la commission des finances,

  • la commission des affaires Ă©conomiques,

  • la commission du dĂ©veloppement durable,

  • la commission des affaires sociales,

  • la commission des affaires culturelles,

  • la commission de la DĂ©fense

  • la commission des affaires Ă©trangères et europĂ©ennes.

La responsabilité politique du Gouvernement devant l'Assemblée Nationale

  • Les dĂ©putĂ©s disposent d'un autre moyen de contrĂ´le de l'action du Gouvernement: ils peuvent, par un vote, obliger le Gouvernement Ă  dĂ©missionner. Le Gouvernement est en effet responsable politiquement devant l'AssemblĂ©e Nationale. Sa responsabilitĂ© peut ĂŞtre engagĂ©e :

  • A l’initiative du Premier Ministre, sur le programme de son Gouvernement, sur une dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale ou sur un texte (article 49-3 de la constitution). La rĂ©forme constitutionnelle de 2008 est venue limiter le nombre d’utilisations de l’article 49-3 : le Gouvernement ne peut engager sa responsabilitĂ© que sur un texte de loi par an Ă  l'exclusion du Projet de Loi de Finances et du Projet de Loi de Finances de la SĂ©curitĂ© Sociale.

  • A l’initiative des dĂ©putĂ©s qui peuvent dĂ©poser une motion de censure contre le Gouvernement.

  • D’autre part, l’AssemblĂ©e Nationale peut ĂŞtre dissoute par le PrĂ©sident de la RĂ©publique.

 

**********************

  • La procĂ©dure lĂ©gislative

Les lois sont des actes juridiques qui fixent des règles générales et impersonnelles. Elles sont votées par le Parlement. Elles doivent être conformes à la Constitution.

1/ Initiative

Elle peut être prise par le Premier Ministre (projet de loi) ou par les députés ou les sénateurs (propositions de loi). Le projet ou la proposition est déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale ou du Sénat.

2/ Commission parlementaire

Une commission examine le projet ou la proposition et établit un rapport recommandant l’adoption pure et simple, la modification par des amendements ou le rejet du texte. Depuis la réforme constitutionnelle, les amendements déposés par les députés sont examinés dès la commission parlementaire, ce qui permet de réduire le temps d’examen dans l’Hémicycle.

3/ Inscription à l’ordre du jour

Le projet ou la proposition de loi est inscrit Ă  l’ordre du jour par la ConfĂ©rence des PrĂ©sidents (composĂ©e du PrĂ©sident et des Vice-PrĂ©sidents, des PrĂ©sidents des Commissions, des PrĂ©sidents des Groupes Parlementaires, d’un reprĂ©sentant du Gouvernement). Le Gouvernement peut faire inscrire ses projets ou les propositions qu’il soutient en prioritĂ© Ă  l’ordre du jour des Chambres. Une sĂ©ance par moi est rĂ©servĂ©e Ă  l’établissement de l’ordre du jour. La rĂ©forme constitutionnelle vient bouleverser l’ordre du jour dĂ©sormais divisĂ© en quatre semaines : deux semaines rĂ©servĂ©es aux projets de loi, une semaine rĂ©servĂ©e aux propositions de loi (de la majoritĂ© et de l’opposition) et la dernière semaine rĂ©servĂ©e au contrĂ´le de l’action du Gouvernement.

4/ Examen en séance

Le projet ou la proposition de loi est examiné en séance publique. Des amendements peuvent également être déposés à ce stade. Le texte est alors voté article par article et amendement par amendement. Le Gouvernement ou le député peut demander une deuxième délibération du texte. L’ensemble du projet ou de la proposition est alors voté de nouveau, puis renvoyé devant l’autre chambre.

Le Gouvernement peut imposer aux Chambres de se prononcer en un seul vote sur la totalitĂ© ou sur une partie du projet ou de la proposition en ne conservant que les amendements proposĂ©s ou acceptĂ©s par lui : c’est le vote bloquĂ©. Il peut Ă©galement dĂ©cider d’engager sa responsabilitĂ© sur le texte (article 49-3) Ă  n’importe quel moment de la navette parlementaire.

5/La navette parlementaire

Si les deux Chambres acceptent le texte dans des termes identiques, la loi est adoptée. Tant que ce n’est pas le cas, le texte est examiné et voté successivement par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Cependant, dès la deuxième lecture, les délibérations ne portent plus que sur les points de désaccord entre les Chambres.

6/Commission mixte paritaire

En cas de désaccord entre les deux Chambres, après une ou deux lectures, le Gouvernement peut déclarer l’urgence et demander la réunion d’une commission mixte paritaire (CMP) qui tente d’aboutir à un compromis.

La CMP se met d’accord sur un texte qui est voté par l’Assemblée Nationale et le Sénat et la loi est adoptée.

La CMP se met d’accord sur un texte, mais les deux Chambres ne le votent pas. Le Gouvernement peut alors demander à l’Assemblée Nationale de statuer définitivement après une deuxième lecture. Si le vote de l’Assemblée Nationale est positif, la loi est adoptée.

Si la CMP ne parvient pas à se mettre d’accord sur un texte, le Gouvernement peut demander à l’Assemblée Nationale de statuer définitivement après une dernière lecture. Si le vote est positif, la loi est adoptée.

7/ Recours au Conseil Constitutionnel

Le Président de la République peut demander une nouvelle délibération de tout ou partie de la loi. Il peut aussi, tout comme le Premier Ministre, le Président de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, 60 députés ou sénateurs, déférer une loi non encore promulguée devant le Conseil Constitutionnel, pour que celui-ci examine sa conformité à la constitution.

8/ Entrée en vigueur de la loi

Dans les 15 jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi adoptée, le Président de la République doit promulguer la loi en signant un décret de promulgation contresigné par le Premier Ministre et les ministres concernés. La loi est alors publiée au Journal Officiel.


*********************


II- Le député en circonscription


Le député dispose d’une permanence en circonscription pour accueillir les habitants, les élus, les responsables économiques, associatifs... et intervenir si besoin auprès des administrations, des ministères ou des autres élus.

  • Le dĂ©putĂ© reprĂ©sente la Nation dans sa circonscription, c'est pourquoi, il participe aux manifestations officielles organisĂ©es sur sa circonscription.

  • Il est Ă©galement le reprĂ©sentant de la politique nationale auprès des habitants de la circonscription. Il explique la politique du gouvernement au niveau local, rencontre les Ă©lus des collectivitĂ©s territoriales pour Ă©laborer la mise en Ĺ“uvre des mesures lĂ©gislatives ou gouvernementales au niveau local.

  • Chaque rĂ©gion, chaque dĂ©partement, chaque commune offrent ses particularitĂ©s Ă©conomiques, sociales et gĂ©ographiques, le dĂ©putĂ© a ainsi la possibilitĂ© de prendre en compte les enjeux de sa circonscription pour les inscrire dans son travail lĂ©gislatif. Il lui appartient de reprĂ©senter les intĂ©rĂŞts des Ă©lecteurs Ă  l’AssemblĂ©e Nationale.

  • Ce statut permet au dĂ©putĂ© de garantir une continuitĂ© entre les Ă©lus locaux, les habitants et l’AssemblĂ©e Nationale.

 

Pour an savoir plus sur mon rôle et mon action, à l'Assemblée nationale et en Circonscription, je vous invite à lire mon bilan de juin 2007 à juin 2009 :
www.isabellevasseur.fr/accueil/actualites/lire/article/bilan-de-mon-activite-parlementaire-juin-2007juin-2009.html

*********************

III- La semaine type


Lundi: Présence en circonscription

  • Matin: Session au Conseil GĂ©nĂ©ral ou prĂ©sence Ă  la permanence

  • Après-midi: Rendez-vous Ă  la permanence, PrĂ©sence Ă  diffĂ©rentes manifestations

  • 17h30-19h30: Permanence Ă  la Mairie de Ronchères

 

Mardi: À l'Assemblée Nationale

  • 9h30: RĂ©union du PrĂ©sident et des Vices-PrĂ©sidents du groupe UMP

  • 10h30: RĂ©union du Bureau du groupe UMP

  • 11h30: RĂ©union du groupe UMP

  • 13h-15h: Bureau de l'AssemblĂ©e Nationale avec ma collaboratrice

  • 15h: Questions au Gouvernement

  • 16h15- 20h: RĂ©unions de la Commission des Affaires Sociales, des groupes d'Ă©tudes, d'amitiĂ©s ou de travail/ PrĂ©sence dans l'HĂ©micycle

  • 21h30: Permanence de nuit dans l'HĂ©micycle


Mercredi: À l'Assemblée Nationale

  • 8h30 Petit dĂ©jeuner de la Commission des Affaires Sociales (tous les 15 jours)

  • 9h-13h: RĂ©unions de la Commission des Affaires Sociales, des groupes d'Ă©tudes, d'amitiĂ©s ou de travail/ PrĂ©sence dans l'HĂ©micycle

  • 13h-15h: Bureau de l'AssemblĂ©e Nationale avec ma collaboratrice

  • 15h: Questions au Gouvernement

  • 16h15-20h : RĂ©union de la Commission des Affaires Sociales/ PrĂ©sence dans l'HĂ©micycle

  • 21h30: Permanence de nuit dans l'HĂ©micycle et retour sur la circonscription


Jeudi: Présence en circonscription

    • Matin: RĂ©union des vice-prĂ©sidents de la CommunautĂ© de Communes de Fère en Tardenois (une semaine sur deux)

    • Après-midi: RĂ©unions, dĂ©placements ou permanences dans les communes de la circonscription


Vendredi: Présence en circonscription

  • Matin: Permanence Ă  Château-Thierry (1er et 3ème vendredi de chaque mois)

  • Après-Midi: Rendez-vous et dĂ©placements dans la circonscription


Samedi/Dimanche: Présence aux différentes manifestations, commémorations, inaugurations sur la circonscription.